L'analyse critique des normes
par un Docteur en biologie
La procédure d'élaboration des normes de rayonnements électromagnétiques non-ionisants concernant les risques pour la santé humaine est inadéquate.
Docteur B.J. Youbicier
PhD Biologie, Directeur de la recherche biologique, Tecnolab (France)

"La fabrication et la commercialisation des appareils émettant des radiations électromagnétiques non-ionisantes (écran de visualisation et téléphones cellulaires notamment) sont régies par des normes internationales qui fixent des limites d'intensité à leurs rayonnements.

Les experts en matière de rayonnements font la synthèse de la littérature scientifique sur ce sujet, puis se fondent sur leurs conclusions pour établir les normes visant à limiter ou à éliminer les risques pour la santé humaine. Pour le téléphone cellulaire par exemple, la limite d'exposition est quantifiée par le SAR ou « Specific Absorption Rate », qui est l'énergie déposée dans les tissus par les micro-ondes.

Cependant la démarche scientifique ayant abouti au choix du SAR comme critère d'appréciation du degré d'exposition est discutable, ce qui remet en cause la validité du SAR.


Critiques concernant la revue de la littérature :


Le système européen de téléphonie cellulaire est le GSM (Global System for Mobile Communications), également en vigueur sur d'autres continents. Le spectre électromagnétique du signal émis par un téléphone du type GSM se compose de deux types d'ondes : les micro-ondes encore appelées « onde porteuse » et les ondes d'extrêmement (217 Hz et leurs harmoniques) et très basses fréquences ou « ondes de modulation » (Linde and Mild, 1997).

La dosimétrie du SAR est basée exclusivement sur l'énergie déposée dans les tissus par les micro-ondes, et ne tient pas compte des fréquences de modulation (Chou et al., 1996 ; Schönborn et al., 1997).

Une étude épidémiologique menée conjointement par la Suède et la Norvège sur plus de 11 000 personnes (Mild et al., 1998) a fait état de sensations de chaleur au cerveau, fatigue, céphalées, nausées, perte de mémoire, stress chez les utilisateurs de téléphones cellulaires. D'aucuns subodorent que le léger échauffement des tissus, notamment cérébraux - provoqué par ce dépôt d'énergie - pourrait être à l'origine d'éventuelles pathologiques. C'est d'ailleurs l'argument qu'avancent les fabricants de protections dont la technologie est basée sur la réduction du taux des micro-ondes qui bombardent le cerveau.

Pourtant les chercheurs sont unanimes sur un point : l'augmentation de température due au téléphone cellulaire est de très faible amplitude (autour de 0,4 °C) et est normalement dissipée par les processus physiologiques de thermorégulation (Donnellan et al., 1997 ; Daniells et al., 1998 ; Velizarov et al., 1999).

Par ailleurs selon de nombreuses études, les ondes de très basses fréquences similaires aux ondes de modulation d'une émission téléphonique sont déterminantes pour l'induction d'un effet biologique par un rayonnement de type téléphone cellulaire (Litovitz et al., 1994, 1997 ; Penafiel et al., 1997 ; Velizarov et al., 1999). A la suite de travaux effectués à l'Université de Montpellier en exposant des embryons de poulet ou des souris à des téléphones du commerce, les chercheurs sont arrivés à la même conclusion.

Dans un rapport de synthèse établi en 1998 par des experts occidentaux et de l'ex URSS concernant les travaux réalisés dans les pays de l'est et jusque-là inconnus à l'ouest, les experts ont recommandé que l'élaboration des normes de protection humaine contre les rayonnements tienne désormais compte des extrêmement et très basses fréquences (Grigoriev, 1998). Cette recommandation vient à point nommé, d'autant plus que les extrêmement basses fréquences ont été récemment classées parmi les agents potentiellement cancérigènes (Portier et Wolfe, 1998).

Il serait judicieux que les experts chargés de la synthèse des connaissances dans le domaine du bioélectromagnétisme accordent davantage d'attention aux résultats de la dizaine de travaux (de loin les moins nombreux) au cours desquels l'exposition a été réalisée avec des téléphones du commerce plutôt qu'avec des champs générés artificiellement. En effet, ces résultats reflètent la réalité physique et biologique de l'exposition.

De même les experts devraient avoir l'humilité de reconnaître la valeur des recherches montrant une relation causale entre l'exposition et l'apparition de pathologies, plutôt que de prétendre à l'existence de biais expérimentaux, d'invalider systématiquement les travaux effectués sans la mesure du SAR même s'ils montrent des résultats positifs, ou d'exiger la réplication des résultats positifs pourtant reconnus par la communauté scientifique, sur la foi de publications internationales.

La logique scientifique n'exige-t-elle pas que tout résultat, fut-il négatif, fasse l'objet d'une vérification ? Au vu des rapports d'expertise, le manquement à cette logique est évident, et le silence complice des experts manifeste.

Les imperfections du SAR :

La plupart du temps, la mesure du SAR s'applique soit à des cadavres d'animaux, soit à des équivalents synthétiques de tissus ou d'organes (« fantômes) dont les propriétés physiques et chimiques sont assimilées à celles de tissus vivants. En fait un fantôme n'est que la réplique synthétique du volume d'une tête humaine remplie d'un liquide salin correspondant au sérum physiologique.

Or, fantômes et cadavres sont des objets inertes, dénués de vie, et donc incapables de réponse biologique mesurable. En conséquence le SAR n'est que la signature physique de la composante électrique des micro-ondes et à cet égard, n'a aucune signification biologique, dès lors que sa mesure n'est pas contemporaine de l'observation d'un effet biologique sur le vivant.

Or, la mesure du SAR sur le vivant pose des problèmes techniques dont la solution est loin d'être évidente. On peut dès lors s'interroger sur la validité et de l'utilité du SAR tel qu'actuellement mesuré ou calculé, si ce n'est une simple indication de la quantité d'énergie déposée dans les tissus."
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Parole d'experts
Marion Kaplan Marion Kaplan
Nutritionniste (France)
"Je n'ai pas de sensibilité particulière aux ondes électromagnétiques, mais sentir ou ne pas sentir..."
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